Chronique Musique

The Feelies ont toujours le rythme

Ecrit par Beachboy

Installez-vous confortablement, le feu crépite, les oiseaux gazouillent, on est bien là, non ? une batterie entame la sarabande, les guitares s’envolent, les voix murmurent plus qu’elles ne chantent, les frissons vous parcourent l’échine, les souvenirs remontent, une larmichette au coin de l’œil, vous ne rêvez pas, non vous écoutez In Between, le nouvel album des Feelies….oui, oui, THE FEELIES !!!

Nos plus jeunes lecteurs auront du mal à comprendre ma surexcitation à l’annonce de la sorte du sixième album d’un groupe qui vient de fêter ses quarante ans et possède la dégaine de vieux professeurs partis en vadrouille pour un week-end de pêche.

Sachez donc, les jeunes, que  The Feelies fait partie des 2-3 groupes préférés de l’univers et ses alentours de votre humble serviteur depuis qu’il est tout petit et que ce n’est pas près de changer à l’écoute de ce In Between, qui, si on en croit son titre, pourrait nous valoir quelques suites, mais on n’ose espérer.

L’histoire commence donc en 1976, à Haledon, petite bourgade du New Jersey. Bill Million et Glenn Mercer fondent le groupe, le Velvet Underground plein la tête, au sein d’une scène New-Yorkaise en pleine effervescence, de Television aux Modern Lovers, de Richard Hell aux Ramones, j’en passe et des meilleurs. Crazy Rythms, leur premier album sort en 1980 et c’est un chef d’œuvre, sommet mélodique et énergique et ces guitares hypnotiques qui s’enroulent autour de vous comme Kaa, le serpent facétieux du livre de la jungle.

The Feelies connaissent ensuite quelques mouvements de personnel, s’essayent à divers projets parallèles, il faut donc attendre 6 ans pour connaître la suite et voir le groupe se stabiliser autour de Million et Mercer (Brenda Sauter, Dave Weckerman et Stanley Demeski), avec The Good Earth, produit par Peter Buck de REM, fan absolu du groupe comme son compère Michael Stype, puis deux ans supplémentaires pour Only Life, deux autres chefs d’œuvre également.

On leur pardonnera un coup de moins bien avec leur quatrième album, Time For A Witness, un peu en roue libre malgré quelques titres de grande classe, on leur pardonnera d’autant plus qu’on pensait que le groupe allait s’arrêter là puisque Million lâche tout pour devenir serrurier en Floride !

J’ai pleuré comme un gamin en apprenant leur réformation 20 ans plus tard, j’ai encore plus pleuré en écoutant leur 5ème disque, le merveilleux Here Before, retour inattendu et délicieux, petit bijou de jangle pop/Post punk comme eux-seuls savent le faire. Je ne vous raconte donc pas mon état au moment de découvrir ce In Between.

Les années passent, les cheveux grisonnent ou se font la malle, naturellement, les Feelies ralentissent quelque peu le rythme sauf sur le phénoménal morceau final In Between (Reprise), qui les voit, toutes guitares en avant, partir dans un long trip velvetien et intense qui renvoie tout un tas de petits jeunots, la queue entre les jambes, à leurs chers études.

Auparavant, nos vétérans se la jouent plus cool, la guitare acoustique est à l’honneur, la voix de Bill Million est de plus en plus douce et tenue, à peine un murmure portée par cette intensité si particulière aux Feelies, qui donne ce mélange de fragilité et de souffle épique.

Turn Back Time, Stay The Course, Pass The Time, Time Will TellThe Feelies se jouent du temps, conscients que celui-ci file à toute vitesse, mais bien décidés à lui imposer leur rythme. Quelques secondes de  silence, les guitares de Million et Mercer s’élèvent, se déploient, avant que Brenda Sauter, Stanley Demeski et Dave Weckerman ne viennent donner et bouleverser le tempo.

In Between a été fait d’un seul jet ou presque, à la maison, quasiment en vase clos, débarrassé de toutes fioritures, nu jusqu’à l’os. Gone, Gone, Gone, Been Replaced et les autres m’arrachent le cœur de bonheur et s’installent parmi quelques unes de leurs meilleures chansons, classiques immédiats, instants fugaces qui vous font croire que tout n’est pas perdu.

Après le merveilleux The Deep Set de leurs lointains cousins The Bats, votre Beachboy, peut-être bien en mode vieux con,  est encore sous le charme de l’un de ces vieux groupes fétiches, mais peu importe, les Feelies sont toujours fantastiques, même 40 ans plus tard.

In Between est disponible depuis le 24 février chez Bar/None Records

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