Chronique Musique

The Black Angels, la mort leur va si bien

Ecrit par Beachboy

Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? Je suis un ange noir…

The Black Angels est le groupe le plus cool de la planète, et la parution de Death Song, leur 5ème album, fêtant dignement 13 ans d’existence, en est une nouvelle preuve éclatante. Quatre ans après Indigo Meadow, nos facétieux rockers psychédeliques fêtent par la même occasion les 50 ans de la chanson qui donna le nom à leur groupe, Black Angel’s Death Song, de quoi donner la banane à tous leurs fans.

Unis  comme les 5 doigts de la main de la grande faucheuse, Alex Maas, Christian Bland, Jake GarciaKyle Hunt et Stéphanie Bailey perpétuent le son et le style du groupe sur ce nouvel opus, soit un rock psychédélique dans la lignée de Spacemen 3 ou Spiritualized, dans les traces royales du Velvet ou de Thirteen Floor Elevator.

On pourra noter tout de même que le groupe semble ralentir quelque peu le tempo et détendre l’atmosphère très confinée sur leur premiers album, la présence aux manettes de l’excellent Phil Ek (Built To Spill, the Shins, Fleet Foxes…) y est sûrement quelque chose.

Passover, leur premier disque sorti en 2006 était en effet un sombre concentré apocalyptique qui vous plongeait la tête sous l’eau et se faisait un malin plaisir à l’y maintenir à coup de riffs lacérés et distordus et de basse orgasmique jusqu’au diabolique et velvetien Call To Arms.

Directions To See A Ghost puis Phosphene Dream enfoncent le clou, mais le psychédélisme apporte quelques couleurs, comme le montre les pochettes. The Black Angels sortent du garage et s’envolent vers l’espace.

En 2013 sort Indigo Meadow, qui déçoit quelque peu certains de leurs supporters. Un son trop lisse et trop propre, malgré son lots de chouettes morceaux, le fabuleux I Hear Colors en tête.

Les membres du groupe ne restent pas inactifs pendant les quatre années qui nous séparent de la sortie de ce Death Song et enchaînent projets parallèles avant de se remettre au travail à Austin puis Seattle pour nous offrir 11 nouvelles chansons.

L‘album démarre sur les chapeaux de roues, avec Currency, le premier single extrait de l’album et l’un des tous meilleurs morceaux du groupe, coup de gueule inspiré contre l’argent roi, enregistré en pleine élection Trump. C’est vous dire l’ambiance poissarde qui lézarde la chanson, entre colère froide hypnotique et explosion rythmique de violence.

Un peu d’amour viendra par la suite détendre l’atmosphère, même si l’amour version Black Angels, cela donne I’d Kill For Her ou Half Believing, superbe morceau sur lequel la voix d’Alex Maas n’a jamais aussi bien été mise en lumière.

Comanche Moon finit de nous convaincre par ses changements de rythmes perpétuels et la batterie énorme de Stéphanie Bailey, qui s’en donne à cœur-joie. Le jouissif Hunt Me Down percute le planant Grab As Much (As You Can), la superbe ballade Estimate vous secoue la couenne.

L’orgue de Medicine vous entraîne sur la piste de danse, dans les  volutes enfumées d’un Death March, hymne psychédélique par excellence. Death Song s’achève sur une étonnante et magnifique ballade à la Bowie, joliment nommée Life Song, comme une dernière pointe d’espoir dans un album fait de noirceur et de rage.

The Black Angels réussissent un magnifique cinquième album, mélange parfait de retour aux sources et de nouvelles directions prometteuses.

Death Song est disponible chez Partisan Records depuis le 21 avril 2017

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