Chronique Musique

La neuvieme symphonie de The Bats

Ecrit par Beachboy

A près de 20 000 kms de chez moi, il existe un petit village qui résiste toujours et encore…à la médiocrité ambiante et la bêtise rance qui semble être de mise dans nos contrées.

Ce petit village n’est d’ailleurs pas si petit que ça, puisque Christchurch, en Nouvelle-Zélande abrite plus de 300 000 habitants mais également le meilleur label du monde et des environs avec Flying Nun Records.

The Bats, l’un des groupes phares de la Nonne Volante sort The Deep Set et, à son écoute, l’envie de casser de ma tirelire pour m’installer définitivement dans cette bulle d’humanité n’en devient que plus forte.

Entre The Bats et votre humble serviteur, c’est une longue histoire d’amour qui me ramène à mes longues soirées étudiantes et l’écoute compulsive des programmes de Bernard Lenoir. J’ai encore en mémoire la découverte hallucinée d’un Fear Of God ou d’un The Law Of Things, auxquels je sacrifiais une bonne partie de ma bourse étudiante, mon banquier s’en souvient encore.

Je n’oublie pas également que ma première chronique pour Addict Culture fut consacrée à Robert Scott, pilier du groupe à l’occasion de la sortie de son excellent The Green House en 2014. J’évoquais un vieil ami, tant sa musique me semblait familière et faite rien que pour moi. A l’écoute de The Deep Set, le sentiment est toujours là, même si mes lointains amis me semblent de plus en plus être des extra-terrestres, tant ils dénotent dans un univers musical de plus en plus creux et artificiel.

Il faut que je vous confesse que j’écris ces quelques lignes, en matant, l’oeil torve,  poussé par une perversité maladive, nos impayables artistes locaux massacrant à qui mieux mieux tous mes espoirs dans l’être humain lors des inénarrables Victoires de la musique. le choc est rude, promis, on ne m’y prendra plus.

Je n’ai pas mené une enquête des plus approfondies mais The Bats doit tenir le record de longévité et de fidélité, puisque l’on retrouve 30 ans après Daddy’s Highway, nos 4 adorables musiciens, à savoir Robert Scott, qui démontre également ses qualités de peintre puisqu’on lui doit cette jolie pochette, Paul Kean, Kaye Woodward et Malcolm Grant, génial batteur s’il en est.

Mickey Summerfield et John Chrisstoffels viennent apporter leurs pierres à l’édifice, violon et violoncelle dans leurs bagages, pour illuminer encore plus les merveilleux Walking Man, Steeley Gaze et Shut Your Eyes.

La production est assurée par Ben Edwards (Marlon Williams, Nadia Reid, Aldous Harding…) pour des enregistrements commencés en 2015, 4 ans après la sortie du fantastique Free All The Monsters. The Bats prennent leur temps, indifférents à toute pression marketing, juste enclin à faire les meilleures chansons possibles et ça marche, The Deep Set en est bourrée jusqu’à plus soif. C’est bien simple, j’ai compté et recompté :  12 titres, 12 bonnes chansons !

Dès les premières mesures de Rooftops, on retrouve tout ce qu’on aime chez The Bats, une rythmique dépouillée et pure, la voix mélancolique et profonde de Robert Scott et les guitares virevoltent telles des papillons fragiles entre nos oreilles.

Les mélodies sont d’une simplicité remarquable, Looking For Sunshine ou Rock And Pillars nous font vite venir les larmes à l’œil, nostalgiques d’un temps où l’on enchaînait REM et The Go-Betweens, The Feelies et The Chills, émerveillés d’entendre de telles chansons aujourd’hui.

Même si le disque vous donne l’impression d’un coucher de soleil d’un dernier jour de vos vacances, le groupe, malgré quelques années au compteur, a toujours la pêche. Les membres privilégient les morceaux enlevés et soutenus, même s’ils savent toujours aussi bien ralentir le rythme pour de splendides ballades comme Diamonds (qui porte bien son titre) ou encore Durkestan. Je ne suis pas loin de penser qu’on risque de ne rien entendre de plus frais, de plus jeune de toute cette année, même si j’espère bien que The Feelies, d’ici quelques semaines, viendra me contredire, mais la barre est haute, très haute.

The Deep Set s’achève sur Not So Good et bien, surtout ne les écoutez pas, car c’est bien tout le contraire, cet album est si bon !

La dernière petite merveille de The Bats est disponible depuis le 03 février chez Flying Nun, et se révèle tout à fait indispensable.

 

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