Chronique Musique

Raoul Vignal se dévoile sur un album cousu d’argent

Ecrit par Beachboy

Cela fait plus de 40 ans que le regretté Nick Drake nous a quitté, et pourtant sa lumineuse influence continue de rayonner sur de nombreux musiciens, plus enclins à écrire la chanson parfaite que de chasser la une des journaux, à gros coups de mélodies bien grasses. C’est le cas aujourd’hui avec la découverte de Raoul Vignal, et de son superbe premier album The Silver Veil, délicieusement raffiné et émouvant.

Le jeune homme, à l’image de sa pochette, se présente à nous, dans une timide fierté, la superbe moustache nimbée d’une lumière blanche, à l’instar de sa musique à la fois ambitieuse et modeste.

Raoul Vignal vient de Lyon, il a 26 ans, mais déjà une carrière musicale plutôt bien remplie, puisqu’on l’a déjà croisé auparavant sous le pseudonyme de Snake Fuzz Moan. The Silver Veil est néanmoins son véritable premier album, enregistré aux Studio Klangbild à Berlin, en compagnie de Martin J. Fiedler, le maître des lieux, déjà aperçu aux côtés de Josh T. Pearson ou House Of Light.

Raoul Vignal y déploie tous ses talents de chanteur et de guitariste, parfois accompagnée subtilement de la flûte traversière de son père, Bernard Vignal, et de la batterie toute en retenue de Pierre-Hugues Hadacek.

Depuis lors, l’enregistrement datant de 2015, Raoul  s’est réinventé en trio avec l’arrivée à ses côtés de la contrebassiste Morgane Moulin et du batteur Lucien Chatin, pour défendre sur scène ses chansons, tout récemment en première partie de Shannon Wright, entre autres.

Sur ce premier album, notre jeune lyonnais impressionne l’auditeur par les deux instruments qu’il maîtrise à la perfection, sa guitare bien sûr, mais aussi sa voix, toute en nuances et douceurs magnifiées.

Accordages spéciaux, technique parfaitement maîtrisée du picking, Raoul Vignal marche dans les prestigieuses traces de John Fahey ou Robbie Basho, sans pourtant se laisser aller à une démonstration stérile. Sa virtuosité est, en effet, au service unique et entier de ses chansons, à l’atmosphère faite d’éclats sombres et chatoyants (Hazy Days, Shadows).

De même, sa voix, quelque part entre Iron & Wine et Elliott Smith, ensorcelle par sa douceur (Whispers) et sa présence délicate, comme s’il venait nous susurrer à l’oreille d’étranges histoires, entre rêve et réalité.

Envoûtante Dona Lura, émouvant Under The Sky, poignant Bless You, Raoul Vignal enchante et fascine, joue avec nos émotions tout au long d’un magnifique disque, qui dévoile peu à peu tous ses charmes au fil des écoutes successives.

The Silver Veil est disponible chez nos amis bordelais de Talitres depuis le 06 avril.

Photo : Anne-Laure Etienne.

 

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