Chronique Musique

Lux’s Dream éclaire notre hiver

Lux's Dream / © Aléèla // AP
© Aléèla // AP
Ecrit par Ninie Peaudchien

Dans Le silence des homards, Frederic Dard faisait dire à un de ses personnages : « Quand on rencontre des gens, on ne sait jamais à l’avance desquels on va se souvenir plus tard. C’est pas une question d’importance, mais de « sensations ». Il y a ceux qui s’installent en vous, discrètement, et puis ceux qui tonitruent et vous disparaissent de l’existence à tout jamais. »

C’est un peu comme cela que j’ai rencontré Lux’s Dream. Un mail parmi tant d’autres dans une boîte surchargée, un clic un peu distrait vers un lien musical puis, un titre et une pochette qui accrochent l’œil. Tiens, la demoiselle est lyonnaise. Puisque je suis coincée chez moi et que le monde entier est occupé à vaquer à ses activités, restons elle et moi en petit comité et apprenons à mieux nous connaître.

© Aléèla

Derrière le nom de scène Lux’s Dream, se cache Sacha Navarro-Mendez, une jeune artiste lyonnaise qui a déjà derrière elle un parcours musical riche. La musicienne a une formation classique et de jazz avec pour premier instrument le piano. Cependant, elle revendique un amour réel pour les musiques actuelles comme l’électro, le rock et la pop. Ce foisonnement de connaissances et d’influences multiples se retrouve dans son EP sorti le 17 novembre chez les labels  locaux L’Affect Records et Archipel.

© Aléèla

Le titre de l’EP interroge d’emblée. Tako Tsubo, kesako ? Après recherche, l’on découvre que c’est un terme médical japonais décrivant ce qui se passe dans le cœur après un gros choc émotionnel, comme une rupture amoureuse. Le ton est donc tout de suite donné. Tako Tsubo est un disque doppler dans lequel Lux’s Dream nous fait part de ses sentiments. Une échographie faite cependant en toute pudeur par le choix de l’anglais, voile sur l’intimité des mots en plus d’être une considération esthétique, et par une ambiance générale onirique qui interdit toute indécence.

Hollow Shell ouvre le disque. Après une intro semblant lorgner vers le hip-hop, la douce voix de Lux’s Dream vient se poser sur ses claviers pour nous chanter son incompréhension du monde. Arrive ensuite Little Beanberceuse mélancolique, qui parle de ces projets qui n’ont pas pu aboutir.

The Hole décrit quant à elle ce vide intérieur que l’on ressent parfois. Tout en rupture, My Own Steps, chanson sur la responsabilité, est le titre le plus rock de l’album où l’artiste, en pleine puissance, nous dévoile d’autres couleurs dans sa voix. À noter la présence du DJ lyonnais, Dahlas Umaï venu collaborer sur  le titre Through The Rainbows .

L’ensemble repousse les frontières et défie les étiquettes. Tako Tsubo est un savant et séduisant mélange des influences qui nourrissent l’artiste : un disque de dream pop électronique, truffé d’incantations cosmiques et de boucles électroniques, pas si loin parfois d’Émilie Simon ou des cousins Sigur Rós par ses atmosphères irréelles et célestes.

Le disque de 6 titres s’achève trop vite sur l’aspect inéluctable de la fin des choses dans Winter Solstice. Zut, on arrêterait bien le temps parfois.

Tako Tsubo ne fera certainement pas autant de bruit que l’album d’une autre dame islandaise. Peu importe, rappelons-nous des mots de San Antonio. Lux’s Dream est une rencontre qui compte. En toute subtilité, elle s’insinuera dans votre hiver pour mieux le réchauffer et ne lâchera plus vos oreilles. Hygge hygge hygge hourra !

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Tako Tsubo – Lux’s Dream

L’Affect Records & Archipel 

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