Chronique Musique

High Plains – Anjou, duel au sommet pour Kranky

Ecrit par Beachboy

En plein revival 90’s, Kranky, un des labels emblématiques de l’époque, continue son histoire pour une discographie qui continue sans faille d’engranger des œuvres aussi exigeantes que superbes.

Quelque semaine après la sortie du fortement conseillé An Act Of Love d’Earthen Sea, la clique de Chicago nous sort en quelques jours, 2 albums coup sur coup qu’on doit à quelques uns de leurs plus fidèles serviteurs, en vacances de leurs groupes historiques respectifs. D’un côté, nous avons donc Epithymia, le deuxième album d’Anjou et de l’autre,  Cinderland première composition d’un duo qui se cache sous le nom de High Plains.

Commençons donc par Anjou, qui, sur le papier, a tout pour être notre favori de la bande, puisque nous y retrouvons 2 musiciens qui ont bercé les nuits de mes années étudiantes, à savoir Mark Nelson et Robert Donne, responsables au sein de Labradford de quelques uns des plus beaux disques de Post-Rock du monde entre 1993 et 2001.

Complétez le groupe par la présence de Steven Hess, qui côtoie également Mark Nelson depuis des années au sein de Pan-American, autre fer de lance du label et à la tête de quelques merveilles ambient/post-rock telles que Quiet City, pour vous filer des frissons de plaisir et vous avez devant vous, la promesse d’une plongée émotionnelle dans les boucles synthétiques de ces cerveaux en fusion.

Le groupe reprend le fil de son premier disque paru en 2014, soit une ambiance de fin du monde, belle et menaçante à la fois.

Les mélodies se noient sous des tonnes d’effets et nécessitent une écoute attentive pour en ressentir toute la saveur, comme le splendide An Empty Bank, aux confins du jazz et de l’ambient, avant de sombrer dans une noirceur sonore implacable. Répétitivité organique, minimalisme expérimental, Epythymia fascine et hypnotise, malgré deux légères baisses de tension sur les 2 morceaux les plus courts, Greater Grand Crossing et Glamr.

Anjou est en effet autrement plus impressionnant sur ses longues pièces oppressantes et lumineuses, telles que Georgia ou Soucouyant.

Si Anjou pourrait illustrer à merveille les œuvres les plus mystérieuses d’un Andrei Tarkovski, c’est plutôt du côté d’un western qu’on imagine la musique de High Plains comme bande-son idéale, mais un western crépusculaire, aux longs travellings sur les plaines arides et les paysages malmenés par le vent et la poussière.

High Plains est la rencontre entre le violoncelliste Mark Bridges et Scott Morgan, ancien batteur de Destroyer au côté de Dan Bejar mais surtout connu sous le nom de Loscil, un des fleurons du label, puisque ce canadien nous a déjà offert 8 albums via Kranky dont les remarquables et remarqués First Narrows et Plume ainsi que les plus récents Sea Island et Monument Builders, splendeurs Ambient d’une lente violence.

Quelques notes de piano, des nappes synthétiques et un violoncelle qui vous arrache le cœur, Cinderland, le morceau qui ouvre l’album et lui donne son nom, nous laisse d’entrée pantois et bouche bée devant tant de beauté. Une tristesse incommensurable semble nous saisir avant que Blood That Ran The Rapid vous glace d’effroi, tension palpable, Ambient sombre, Neo-classique minimaliste, l’album avance ainsi entre splendeur glaciale et nature sauvage.

Le disque a en effet été enregistré au fin fond du Wyoming en deux semaines, en s’inspirant et s’appuyant sur le lieu même de l’enregistrement (une école) et son environnement. High Plains trouve ainsi le juste équilibre entre modernité électronique et sons naturels pour un disque impressionnant, auquel on ne pourra reprocher que sa durée somme toute frustrante.

Cinderland est disponible depuis le 10 mars, suivi le 24 par Epithymia. Ces deux beautés singulières se trouvent, vous l’aurez compris, du côté de chez Kranky.

Le Facebook d’Anjou Le site Officiel de High PlainsLe Facebook de High Plains

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