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"Dans les Angles Morts", un roman entre policier et littérature, une formidable alchimie. - Addict Culture
Littérature Etrangère

« Dans les Angles Morts », un roman entre policier et littérature, une formidable alchimie.

Quand George Clare découvre le corps de sa femme Catherine dans la chambre qui devient une scène de crime, cela n’augure rien de bon pour lui-même. Il sait qu’il va être le présumé coupable idéal de ce crime. La police ne va pas chercher bien loin au début de son enquête, comme si c’était une évidence, un classique dans de telles circonstances.

Le ton est donné dans ce roman aux allures de policier mais nous sommes bien dans une œuvre littéraire, restreindre le livre dans la portion congrue d’un policier serait une erreur.

En effet, une fois la mise en place de l’intrigue in medias res, Elizabeth Brundage amorce l’autre versant du livre, plus romanesque en remontant dans le temps en nous présentant les protagonistes dans leur passé respectif, et l’enchaînement des événements qui vont les amener à se rencontrer alors que rien n’était fait pour cela. Mais la force du destin et le pouvoir de l’écriture mêlés à la puissance de la fiction redistribuent les cartes et nous donnent à lire une intrigue addictive aux personnages ambivalents.

dans les angles morts

George Clare et Catherine se rencontrent à l’université. Lui, est un séducteur invétéré, un Dom Juan impulsif, un homme à femmes, fier de sa personne, voire arrogant. Il prépare une thèse en vue de devenir professeur à l’université.

Elle, est plutôt introvertie, elle suit des cours à la fac pour devenir restauratrice d’œuvres d’art, quand celles-ci sont abîmées par l’usure du temps. Elle succombe au charme de cet homme plus vieux qu’elle et pas vraiment du même monde social.

Inévitablement, Catherine tombe enceinte et George se voit contraint d’honorer ses responsabilités, de devoir se marier pour sauver les apparences de cet accident sans vraiment savoir s’il aime cette femme. George décroche un poste dans une université de seconde zone loin des standards prestigieux des facultés urbaines après avoir été au bout d’une thèse poussive où il n’en a fait qu’à sa tête, n’écoutant pas son directeur de thèse qui le suivait et le conseillait. Catherine délaisse ses ambitions d’étudiante et de peinture pour devenir une femme au foyer et une mère aimante en s’occupant de leur fille Fanny.

Quelques mois plus tard, ils emménagent dans une ferme isolée qu’ils ont obtenue à bas prix. Cette ferme a aussi une histoire. Elle appartenait à la famille Hale depuis des siècles.

Mais la crise économique du début des années 1970 a frappé de plein fouet la famille, et des raisons funestes et économiques vont pousser les trois frères Hale à vendre la ferme aux enchères. C’est une terrible désillusion de voir leur ferme de leur enfance partir dans les mains d’inconnus. Alors de loin, ils observent les nouveaux propriétaires s’installer, occuper les pièces, investir leurs anciennes chambres.

Et puis un jour, ils frappent à la porte de leur ancienne maison et rencontrent Catherine qui s’affaire pendant que son mari enseigne à l’université du coin. Ils commencent à se connaître sans que l’on sache vraiment ce que cachent les frères Hale, leur véritable intention…

Cet ample roman de plus de cinq cent pages prend son temps pour développer son intrigue, une atmosphère sombre et pesante. Le poids du passé se fait sentir dans les coins de cette ferme. Un lyrisme froid et obscur participe à l’ambiance du roman : des descriptions de champs étendus et abandonnés, un climat hostile, la tempête de neige qui ouvre l’histoire, les aléas météorologiques qui ont précipité la perte des individus et continuent d’influencer les caractères des personnages.

Pour ces derniers, Elizabeth Brundage façonne des portraits ambigus, complexes, profonds dans leur atermoiements. Ils ont tous des brisures affectives, des ambitions non atteintes, des blessures du passé pas tout à fait cicatrisées, des parts de mystère que l’auteure distille avec parcimonie et qui participent à bousculer l’intrigue, à relancer la tension palpable entre les lignes. Il faut saluer la qualité de l’écriture et la maîtrise textuelle de notre auteure dont c’est le premier texte traduit en France sur ses quatre ouvrages déjà parus, cette tension qui monte crescendo plus nous en apprenons sur les personnages et leurs véritables intentions.

Dans les Angles Morts d’Elizabeth Brundage
 traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaudéditions La Table Ronde
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