Chronique Musique

L’éternel retour des Breeders

the breeders
The Breeders/2017/Beggars Group
Ecrit par Beachboy

Comment, en 2018, aborder un nouvel album des Breeders ? Plaisir, nostalgie, indifférence  et un peu voire beaucoup de crainte ? Un peu de tout cela sans doute, avant, pendant et après l’écoute de All Nerve, leur cinquième album, 28 ans après Pod, première œuvre d’un groupe qu’on pensait éphémère, parenthèse enchanteresse entre deux Pixies.

Cela fait également 10 ans après le précédent, Mountain Battles, qu’on se rappelle avoir quelque part dans sa discothèque, mais sûrement sous quelques centimètres de poussière.

La première surprise, c’est de découvrir que The Breeders version 2018 retrouve son line-up d’origine, celui de Pod et du phénomène Last Splash, la grande époque en quelque sorte. Quand on connaît toutes les (més)aventures que les unes et les autres ont connues, drogues, dépression et autres joyeusetés, cela tient déjà du miracle.

Quand le groupe s’est reformé en 2013 pour nous rejouer la scie indépassable Cannonball et autres Do You Love Me Now?, on était loin de s’imaginer que ces retrouvailles allaient se traduire en studio.

Outre les sœurs Deal, Kim et Kelley, Josephine Wiggs et Jim MacPherson reprennent donc la section rythmique et on a beau imaginer toutes les mauvaises raisons possibles et imaginables pour ce retour, cela nous fait drôlement plaisir, surtout que les deux n’ont décidément pas perdu la main, comme nous l’avait déjà prouvé un premier single sorti fin de l’année dernière, l’excellent Wait In The Car.

Josephine Wiggs va même plus loin que sa simple basse puisqu’elle compose avec Kim Deal deux chansons, Skinhead 2 et MetaGoth, sur lequel elle assure également les vocaux.

D’ailleurs, histoire de se rassurer sans doute (le premier morceau ne s’appelant peut-être pas Nervous Mary pour rien !) , The Breeders ont fait appel à trois producteurs, dont l’un bien connu et fidèle parmi les fidèles, puisque Steve Albini est de la partie pour trois des onze titres que comptent All Nerve, le restant étant enregistré par Mike Montgomery et Tom Rastikis, aux quatre coins des USA.

Soyons clairs dès le début, l’album n’est pas parfait et attendre 10 ans pour balancer à peine plus de 30 minutes de nouveaux titres, c’est forcément décevant, surtout que deux, trois titres en fin de course ont les semelles des Dr Martens un peu lourdes, comme l’inutile quoique sympathique reprise de Archangel’s Thunderbird d’Amon Düül.

On pourrait donc laisser tomber l’affaire, se dire que, malgré encore de bons vieux restes, Title TK ou Mountain Battles étaient déjà bien inférieurs aux deux premiers brulots du groupe, mais un son de guitare par ci, une voix par là, le charme va vite agir et donner bien du plaisir au vieux fan que je suis.

The Breeders a la bonne idée de ne pas essayer de nous refaire un Last Splash, le retour mais nous offre un album honnête et modeste, marqué par la longue histoire du groupe, faite de hauts et de très bas.

La voix de Kim Deal est toujours aussi fascinante, les chansons, simples et catchy s’enchaînent, Nervous Mary, Howl At The Summit, All Nerve, le groupe assure impeccablement et réussit très bien son coup à plusieurs reprises .

The Breeders nous sort même Spacewoman, la très grande chanson du disque, la plus longue aussi, sur lequel le groupe tutoie à nouveau les sommets, Kim Deal au piano, les trois autres au diapason, tout en calme et explosion, superbe !

All Nerve est disponible chez 4AD/Beggars Group depuis le 02 mars.

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