Chronique Musique

Lumineuse Blondino

Blondino
© Dorothee Murail
Ce qui me court après, ce qui me suit de près … Le titre La bouche pleine de peur entame le nouvel EP de Blondino, qui sort un an après le superbe Jamais sans la nuit (chronique ici.) Sur ce premier morceau, c’est un arpège de guitare électrique dissimulé derrière des beats electro sourds, un synthé dark et sa nappe nuageuse qui accompagnent la voix sans égal de Tiphaine. Ça frissonne, ça chamboule, ça émeut.

Lorsqu’un premier album est aussi réussi que Jamais sans la nuit, on a peur que la suite ne s’effrite. Ici, c’est tout le contraire. Blondino réussit à nous saisir dès les premières notes, et maintient cela pendant les quatre morceaux qui suivent. C’est ça le talent. Une écriture fine, vaporeuse. Des mélodies hypnotisantes qui chavirent tout sur leur passage. Et une élégance innée. Elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes, l’évidence est à la fois forte et fragile. Comme cette voix éraillée qui semble toujours sur le fil, mais qui dans ses aigus laisse entrevoir la lumière.

Loveless est taillé dans le cristal. Transparent, pur, délicat. Dans le titre éponyme, Blondino prend son envol seule, la nuit toujours ; loin. Dans le chemin assonant des rimes légères. Puis dans Babel, elle part en Orient où règne le chaos. Où « nous rêvions, nous dansions, nous aimions avant le règne de la confusion. »  Musicalement, la structure rappelle Radiohead. La guitare sûrement, qui vient casser les synthés par sa brutalité électrique. Et puis l’envolée vocale à 1’58, gracieuse dans ce terrain hostile.

Nouveau départ poursuit sur la lancée claire-obscure des thèmes et des airs. « J’aurais aimé que beauté soit » nous dit-elle, tout en scandant « nouveau départ », comme pour nous montrer que malgré les épreuves, l’espoir affleure. 

L’EP se termine sur une reprise de Brigitte Fontaine, Les filles d’aujourd’hui. Elle parvient à emmener cette forte personnalité dans son univers, laissant entrevoir la vérité intemporelle d’une chanson de 1984. 

Blondino

© Dorothée Murail

La belle Blondino continue sa route lumineuse pop, offrant de l’étoffe à la chanson française contemporaine. Pas moins. Loveless est sorti le 20 avril 2018 en autoproduction.

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