Chronique Musique

Amen Dunes, en quête de liberté

Amen Dunes
Amen Dunes // Michael Schmelling
Ecrit par Beachboy

Après l’amour (Love sorti en 2014), Amen Dunes s’intéresse cette fois ci à la liberté, à l’occasion de la sortie de Freedom, son cinquième album, superbe recueil de 11 chansons aussi personnelles qu’universelles et conclut en beauté ce premier trimestre musical 2018.

Plus les années passent, plus Damon McMahon semble prendre de l’ampleur, à l’instar d’un Bill Callahan, et construit une œuvre qui se bonifie au fil du temps sans perdre l’urgence des débuts.

L‘histoire musicale du bonhomme, né à Philadelphie, aujourd’hui installé à New York, commence en 2004 avec l’éphémère groupe Inouk et un unique album nommé No Danger.

C’est en 2006 que prend forme Amen Dunes,  à la fois son pseudonyme de scène et un groupe à géométrie variable malgré quelques invités fidèles et précieux.

2009 voit arriver son premier album, DIA, enregistré tout seul, avec les moyens du bord, étrange disque aussi fascinant que repoussant. Folk psychédélique crade et cru, Amen Dunes convoque le versant noir du Velvet Underground et Amon Düül qui inspire d’ailleurs le nom d’Amen Dunes.

Deux ans plus tard, il insiste dans cette veine claustrophobique, cette fois ci entouré de quelques amis, avec le terrifiant Through Donkey Jaw puis avec le très étrange Spoiler sorti en 2013.

Amen Dunes entrevoit la lumière et apporte un nouveau souffle à son univers musical avec la magnifique Love et son casting royal, de Colin Stetson à Efrim Menuck pour un disque sur lequel il ose enfin libérer sa drôle de voix.

Freedom est donc son nouveau disque, toujours entouré de Parker Kindred (Antony & The Johnsons, Jeff Buckley) et Jordi Wheeler, Damon McMahon accueille, entre autres,  cette fois ci l’excellent guitariste Steve Marion alias Delicate Steve et Raffaele Martinari alias Panoram, pour le retour des synthés dans l’univers folk d’Amen Dunes.

L’album a été enregistré sur trois ans en compagnie de Chris Coady, le producteur de Beach House, entre New York (Les studios Electric Ladyland) et Los Angeles (Sunset Sound), signe évident de la volonté de Damon de se confronter à ses héros de jeunesse et d’essayer de trouver un plus large public.

Marqué par la grave maladie de sa mère, Amen Dunes continue d’évoquer, de manière assez cryptique, les malheurs et les drames de sa vie personnelle, une jeunesse difficile, la violence du monde qui l’entoure.

À contrario, ses histoires se parent d’une luminosité nouvelle et d’ un songwriting racé et romantique, nous offrant là quelques unes de ses plus belles chansons (Believe, Blue Rose ou encore Miki Dora, pour n’en nommer que quelques unes), dignes du vénéré et vénérable Van Morrison.

Une voix d’enfant, quelques synthés, Intro nous plonge de suite dans cette mer d’émotion, qui vous donne à la fois envie de chanter, de danser et de verser quelques larmes, emportées par le superbe son de guitare de Delicate Steve et le souffle de liberté qui emporte Blue Rose ou Dracula.

Quelques tensions en filigrane et une voix enfin assumée magnifient Time, Skipping School ou le poignant Saturadah, alors que le morceau titre ou Believe nous dévoilent là un musicien classique magnifique.

Freedom est le plus bel album d’Amen Dunes, un album qui a tout l’air d’un classique instantané, dans la lignée de la mue musicale que connait Kevin Morby.

Damon Mc Mahon ose et s’impose, épaulé par une équipe formidable, rarement synthés et guitares ne se sont aussi bien mariés. Superbe, tout simplement !

Freedom est disponible depuis le 30 mars chez Sacred Bones Records/Differ-Ant. Amen Dunes sera également en concert à Paris, au Badaboum, le 28 avril

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